26 juin 2007
Kara-Suu, silence - Pamir, Tadjikistan
Montagnes Pamiries, entre Alichur et Murghab, juin 2007. Il est 14 heures. La voiture qui nous avait prises en stop nous a laisse la, a 55 km de Murghab. Nous voulions marcher un peu pour profiter de ce paysage a couper le souffle…
Le soleil tape. Pas de voiture a l‘horizon. Nous marchons depuis bientôt 10 km.
Le soleil tape. Pas de voiture a l’horizon. Nous marchons depuis bientôt 20 km.
Aucun bruit dans cette immensité, bien que de temps en temps un oiseau brise le silence… Nous avons rencontré 2 voitures en 5 heures. Il y aurait une yourte a 4 km. Derniers km qui sont les plus difficiles, les sacs sont si lourds.
Au bord de la route nous attend Ulumbeck, accompagné de son beau frère, et de ses jumelles. Il nous a vu de loin, nous propose de dormir chez lui. Sauvées! La nuit tombe…
La maison est petite, habitée par 4 frères qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Toques blanches, manteaux, ils se préparent a aller a la mosquée. Ça sera pareil le lendemain matin. Famille très pieuse, ou rôle particulier dans la vie sociale du village? 
Le père est décédé, la mère porte sur son visage le poids des années. Dans cette ambiance si masculine, une jeune femme, épouse du deuxième frère, nous sert du thé et de l’ayran, yaourt frais fait maison. Fuyante, ou indifférente aux touristes que nous sommes... Ce rapport femmes - femmes est souvent difficile, nous sommes invitées par les hommes, notre statut est différent du leur.
La maison est chuchotante, personne ne parle vraiment. Épuisées, nous ne posons pas de questions. C'est plus tard, alors que tout le monde est couché, que nous parviennent les éclats de rire des deux frères et de la belle soeur. Complicité qui rajeunit cette maison que nous trouvions bien calme…
Ce village kirghize niché au coeur du plateau Pamir, Tadjikstan, vit comme tant d’autres, sans électricité ni eau courante. La ou il y a de l’eau, il y a de la vie, nous l’avons appris assez vite. Le village s’endort, éclairé a la lueur des lampes a pétrole….
Nous partons le lendemain pour Murghab avec le beau-frère. Sanglées sur le side car, a 20 centimètres du sol, la route défile, impressionnante. Nous ne quitterons cependant pas cette ambiance si étrange aujourd’hui. Murghab est vide, triste, désolée. Les bâches entourant les stands du bazaar claquent au vent, il n'y a ni marchand, ni clientèle. Peu de choses poussent a 4000 mètres d’altitude, et les 100% de chômage n’engagent pas a la dépense…
Nous fuyons ces montagnes silencieuses si brûlantes, pour aller nous réfugier dans les plaines kirghizes….
Autres familles tadjikes :
Murodkhon, Mariage a l'aveuglette - Khojand
Chez Alif, Famille? - Tavildara
Les gens des montagnes - Khragush
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